Thérapie de groupe et psychodrame

Thérapie de groupe - Psychodrame

Evelyne Ridnik

Psychothérapeute, Psychanalyste, Psychodramatiste

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L’on connaît la thérapie individuelle mais moins les thérapies de groupe qui révèlent pourtant des effets positifs non obtenus individuellement. Ainsi, le groupe de psychodrame permet une complémentarité à la psychothérapie, par l’introduction du travail corporel dans la dimension analytique. Groupe de psychodrame et thérapie individuelle n’est pas incompatible mais complémentaire en alternance.


L’intérêt d’une psychothérapue en groupe est que les patients ne se sentent plus seuls :

La présence des autres, leur parole, leur façon d’écouter et de réagir, leur façon d’être, provoquent en chacun des résonances (« Cela me fait penser à … »). Cette ouverture ainsi créée permet de prendre de la distance par rapport aux difficultés que l’on croit ne pas pouvoir modifier, parce qu’on les attribue à des causes extérieures. En groupe, on est confronté à une autre réalité, celle des autres et en résonnance, à la sienne.

Le contact à l’autre dans les groupes de psychodrame aide à ressentir que les problèmes qui sont les siens peuvent être proches de ceux des autres ou au contraire s’en éloigner : les participants se repèrent ainsi mieux dans leur histoire et comprennent que de celle-ci, ils peuvent en exprimer le meilleur et se reconstruire.

J’organise ces groupes de psychodrame depuis une vingtaine d’année avec une co-thérapeute. C’est une technique étonnante, qui surprend les patients par sa particularité.

Elle a été inventée en 1920 par le psychosociologue et médecin JACOB LEVY MORENO.

Passionné de théâtre, il s’est demandé ce qui se passerait si l’on rajoutait les techniques du théâtre à la psychanalyse. Il devient ainsi l’inventeur des jeux de rôles en thérapie et se rend vite compte qu’ajouter la gestuelle à la psychanalyse permet la mise en jeu et la mise à jour des névroses inconscientes.


Comment se déroule une séance ?

En premier lieu, les participants évoquent ce qui les perturbent ou les pensées qui leur viennent immédiatement à l’esprit. Le directeur de jeux discute de la scène à jouer en rapport avec ce les idées émergeantes en ce début de séance. Ce peut-être un rêve, une scène avec son conjoint ou son patron, des moments charnières de leur vie… tout est jouable. C’est là une grande richesse de la méthode : en fait, le patient travaille avec son propre inconscient mais aussi avec celui des autres qui, parce qu’ils ont perçu les choses autrement, peuvent jouer un scénario différent de celui qu’il avait imaginé. »

Dans un deuxième temps, est désigné un « protagoniste » que l’on invite à entrer en scène. C’est lui qui choisit les Moi-auxiliaires qui incarneront les personnages de son scénario. Peut participer également un personnage qui doublera les participants en précisant les émotions ressenties, ce qu’ils n’osent pas dire, les désirs, les craintes… Des répliques qui surviennent avec spontanéité, surprennent tout comme les associations libres psychanalytiques. C’est ainsi que se révèlent les pulsions, les peurs et les désirs refoulésqui jusque-là n’arrivaient pas se dire ou se ressentir.

Dans les jeux psychodramatiques, rien n’est dû au hasard : les inconscients sont en œuvre et les patients sont surpris eux-même des émotions qu’ils expriment. Ils explorent le sens caché de leur histoire et leur mode de relation aux autres (fusion, dépendance, inhibition, agressivité…).


Avec l’aide des autres participants du groupe (groupe fermé de huit à neuf personnes), se rejouent les scènes décisives de la vie pour apprendre à les regarder autrement et à les dédramatiser pour enfin les mettre à distance.

Par exemple, peut se rejouer la relation aux parents et à la fratrie. Grâce à ces jeux, peuvent s’exprimer des sentiments jusqu’alors contenus. Le but est de comprendre les ressorts inconscients des relations familiales, le pouvoir de changer certains de ses comportements ou de revisiter des traumatismes passés, de les mettre à distance. Chacun joue comme il veut. C’est là une grande richesse de la méthode : en fait, le participant travaille avec son propre inconscient mais aussi avec celui des autres qui, parce qu’ils ont perçu les choses autrement, peuvent jouer un scénario différent de celui qu’il avait imaginé.


De plus, leur appartenance à un groupe permet d’améliorent leur confiance en eux-mêmes car ils découvrent leur capacité à s’intégrer à un groupe, à s’exprimer en public et à vivre en société.
Les patients vivent d’une façon beaucoup plus ludique leur analyse qu’ils complètent grâce au jeux du corps porteur de mémoire. Ce que la tête a oublié, se retrouve dans les jeux, se rejoue, se ressent physiquement et émotionnellement ce qui aide au retour du refoulé. Ils se révèlent à eux mêmes.

Suite aux jeux, le groupe échangent verbalement et librement sur ce qu’ils ont ressentis et de leur place dans le jeu.


Indications du groupe-psychodrame :

Les personnes souffrant d’inhibition, de manque de confiance en soi, de crises de panique, de troubles dépressif et anxieux, de problèmes de dépendance (alimentaire, jeux, drogue, alcool…), de manque d’affirmation, troubles de l’image corporelle (anorexie, boulimie, hyperphagie), dépression, troubles psychosomatiques, isolement, agressivité….