L'évolution de la Psychiatrie

L'évolution de la Psychiatrie

Dr Pierre de LARA
http://www.psychiatre-paris20.fr/


En application des travaux du Pr Henri Laborit (1914-1995), le premier neuroleptique est découvert et utilisé à l'hôpital Sainte Anne, à Paris, en 1952.

Qui aurait pu croire qu'un médicament pourrait faire cesser délires et hallucinations? Et, pourtant, cette découverte, suivie de bien d'autres, constitue le point de départ d'une nouvelle approche thérapeutique en psychiatrie.

La Psychiatrie devient, de ce fait, une spécialité médicale à part entière en se séparant, après les événements de mai 1968, de la Neurologie. On assiste à un éclatement des structures psychiatriques et au développement de la psychiatrie de ville.

La "folie" ne suscite plus les mêmes peurs irrationnelles et la Schizophrénie, autrefois chronicisée dans les asiles psychiatriques, accède au rang de maladie soignable, au même titre que la plupart des autres affections mentales ou organiques.

La Politique de Secteur se développe, devenant la référence nationale en matière d'organisation de la Psychiatrie Publique, permettant à toute personne de bénéficier de soins adaptés proches de chez elle, aussi bien en cas d'urgence et d'hospitalisation que de suivi en cure ambulatoire.

Les Psychothérapies, pratiquées dans le cadre institutionnel par les équipes soignantes ou par des psychiatres, des psychologues cliniciens ou des psychothérapeutes dans les structures extra hospitalières (Centres Medico-Psychologiques, Centres Médico-Psycho-Pédagogiques, Hôpitaux de jours...), font partie du dispositif thérapeutique.

La Clinique psychiatrique subit de profonds remaniements qu'attestent les nouvelles classifications françaises et internationales (CIM 10 et DSM V). Celles-ci remettent en cause les classifications traditionnelles et conduisent à un émiettement symptomatique et syndromique, bien éloigné des grandes entités cliniques ayant constitué la nosographie classique (cf. la disparition du concept d'hystérie dans le DSM IV qui avait été historiquement à l'origine de la découverte de la Psychanalyse par Freud).

Le Psychiatre prend sa place dans la cité parmi les autres médecins spécialistes et ses actes sont, de ce fait, remboursés par la Sécurité Sociale. Sa panoplie médicamenteuse s'enrichit.

Les premiers antidépresseurs apparaissent en 1957.

Dans les années 1980, de nouveaux antidépresseurs, avec le Prozac comme chef de file, facilitent l'utilisation de ce type de médicaments au point que l'usage en est banalisé, posant un vrai problème de santé publique...

De nouvelles molécules neuroleptiques et antipsychotiques deviennent disponibles et sont plus efficaces sur les symptômes de la psychose tout en étant mieux tolérés que les neuroleptiques classiques, ce qui facilite la vie sociale et relationnelle des malades et leur réinsertion.

Aujourd'hui, les psychiatres ne prescrivent que 20% des psychotropes et une grande partie de leur activité relève peu ou prou de la psychanalyse et/ou des différentes psychothérapies. Ces dernières années, les thérapies comportementales se sont particulièrement développées, en parallèle du progrès des neurosciences.

Pour la majorité des psychiatres, la consultation à d'emblée un caractère psychothérapique et la Psychothérapie fait partie intégrante de leur acte médical dans le cadre d'une approche globale, psychique, somatique et sociale, telle que définie par la théorie organo-dynamique de Henri Ey.