La manque de confiance en soi

Le manque de confiance en soi

Monique Cohen
http://www.psychologuepsychotherapeuteparis.fr/

On entend souvent parler "d'estime de soi", de "confiance en soi", ce sont des notions qui sont passées dans le langage courant. Mais en psychologie, ces termes ont une définition et un sens particuliers.

L'estime de soi désigne l'évaluation qu'a un individu de sa propre valeur.

La confiance en soi, elle, est davantage reliée aux capacités d'un individu qu'à des valeurs.

Cette confiance est en relation intime avec une sécurité intérieure, la sensation d'être à sa place, de ressentir une paix intérieure qui confère au sujet sa liberté, sa capacité à affirmer ses besoins et ses désirs et d'établir, avec les autres, des relations durables et authentiques.

L'estime de soi et la confiance en soi se construisent tout au long du développement d'un individu.

Qu'est-ce que le manque de confiance en soi?

Ce "manque " a des causes diverses qu'il convient d'identifier, de comprendre afin de pouvoir agir et restaurer cette confiance quand celle-ci est entamée.

La confiance en soi parle de la position inconsciente du sujet dans la hiérarchie sociale. Son manque est un obstacle majeur à une vie épanouie.

Comment se constitue ce manque?

Le manque de confiance en soi n'est pas inné. Ce sont les blessures, les souffrances, les messages dévalorisants répétés qui peu a peu écornent cette confiance.
L'attitude des parents, au cours de la première année de l'enfant, est déterminante.

Elle peut induire chez l'enfant une estime de soi positive si les parents sont gratifiants ou négative s'ils sont trop critiques et insatisfaits.

L'amour inconditionnel a lui, une grande influence sur le développement et la stabilité émotionnelle de l'enfant.

Le cours d'une vie n'étant pas linéaire, chacun peut, à un moment ou un autre, être en proie, pour des raisons précises ou factuelles, au doute douloureux à l'égard de soi-même. Ce sentiment est généralement accompagné d'angoisse, de peur, de détresse ou même de dépression selon les fondements qui engendrent ce malaise.

Le premier de ces fondements est lié à la relation primitive de l'enfant avec sa mère. Cette relation engage toute la problématique narcissique à l'origine de l'amour et de l'estime de soi.

Le deuxième réside dans la nécessité où se trouve l'enfant de vivre et de négocier des sentiments contradictoires d'amour et de haine : c'est le conflit interne qui le met dans l'obligation d'affronter et de résoudre les rivalités fraternelles et la concurrence avec le père (ou la mère pour une petite fille).

C'est par le regard aimant, gratifiant et heureux de sa mère que le bébé est assuré de sa propre existence. Il se sent ainsi digne d'être aimé et acquière la certitude de sa valeur qui le poussera à toujours élargir son champ relationnel et à exercer son pouvoir sur le monde extérieur.

Pour qu'une mère puisse insuffler à son enfant cette confiance en soi, elle doit elle-même se sentir en sécurité, aimer et être aimée en retour.

Elle doit satisfaire pleinement aux besoins et demandes insatiables du bébé dont le manque développera l'agressivité.

Cette agressivité sera alors ravivée, à l'âge adulte, sous l'effet d'insatisfactions répétées.
Pour ce défendre de cette agressivité le sujet n'aura d'autre moyen que celui de développer une réaction d'inhibition et de manque de confiance en soi.

Quelques soient cependant l'amour et l'intelligence maternels, on ne pourra pas éviter à l'enfant d'être confronté à la souffrance ou à la jalousie. La venue d'un frère, d'une sœur va plonger l'enfant dans un douloureux sentiment de trahison qu'il ne pourra tolérer qu'un trouvant un compromis vivable.

Cependant, s'il garde la certitude d'être moins aimé que le rival, cette blessure d’amour peut engendrer un manque de foi en lui-même tel, que, toutes circonstances rappelant plus ou moins la trahison initiale et ses répétitions dans l’enfance, risque d’engendrer chez l’adulte une souffrance et une agressivité transformée sur le champ en peur de soi-même et/ou en peur de l’autre.

S'ajoute à cela la rivalité de l'enfant avec son père (rivalité œdipienne).

Cette rivalité existe dès le début de la vie de l'enfant et le confronte à son impuissance.
Ce père qui aime, satisfait sa mère et lui fait des bébés, est bientôt ressenti comme un rival dangereux pour l'histoire amoureuse que l'enfant connait avec sa mère. Se développe alors chez l'enfant, à l'égard de son père, un sentiment ambivalent d'amour/hostilité. La non résolution de ce conflit risque d'entraver toutes les conduites adultes.

Nous voyons donc la grande complexité des difficultés que l’enfant aborde dans sa petite enfance. Celles-ci pèsent de tout leur poids sur son développement et sur la confiance qu’il peut avoir en lui-même et dans la vie.

Pour certains, la résolution de ces problèmes ne pourra se faire que par un travail psychique, car il ne sert souvent à rien de se débattre seul et de penser pouvoir résoudre ce manque de confiance par des projets d’actes volontaristes qui en réalité ne sont jamais tenus.

Chacun au cours de son développement doit traverser ces étapes difficiles. Les parents qui veulent aider leur enfant se doivent de le respecter, de l’écouter et de considérer comme vrai ce qu’il dit de son ressenti, de ses sentiments et de ses sensations.

Le dialogue avec lui, l’écoute et l’encouragement lui seront d’une aide beaucoup plus précieuse que toutes les exhortations sévères ou encore le refus de reconnaître la validité de ses paroles et de son vécu personnel.

Lectures : I.Filliozat

P.Girar